Charles COURNAULT

Charles Cournault voit le jour à Langres, le 9 novembre 1815. Sa mère Caroline meurt trois ans plus tard, en donnant naissance à son frère Édouard. Son père, Henry Cournault, lieutenant-colonel du Génie et passionné par l’Histoire, les Sciences et les Arts, s’attache
à ce que Charles et son frère reçoivent une éducation complète et assidue. Bénéficiant d’abord de l’enseignement de précepteurs, Charles entre au collège de Langres en 1825. Lecteur assidu, il suit également des cours de dessin. À partir de 1831, il poursuit cette formation artistique à Paris, où, élève au lycée Louis-le-Grand, il intègre parallèlement l’atelier du peintre et graveur Nicolas-Toussaint Charlet. Malgré son goût pour l’art, Charles Cournault répond aux exigences de son père et prolonge ses études en Droit. Il obtient son diplôme en 1836 et suit jusqu’en 1840 des cours de Littérature, Droit et Histoire. Son attachement pour le dessin ne cesse
de croître, doublé d’une fascination pour l’Orient : comme Charlet, qu’il côtoie jusqu’en 1834, il nourrit une véritable passion pour le Maghreb et les arts décoratifs orientaux. Il fréquente ensuite l’atelier de Jean-Auguste-Dominique Ingres, pour lequel il éprouve une profonde admiration.

Sa découverte de l’oeuvre d’Eugène Delacroix, dont il voit le Martyre de Saint-Sébastien lors du Salon de1836, le marque profondément. Il rencontre l’artiste un an plus tard, lors d’une soirée parisienne. À cette époque, Cournault poursuit toujours son apprentissage artistique, se rendant régulièrement dans les musées pour y copier les oeuvres des grands maîtres. Après des voyages en Allemagne, Flandres et Hollande, il entre dans l’atelier de Delacroix, rue Neuve-Guillemin, à Paris, en octobre 1839. La proximité avec ce grand artiste confirme son attirance pour l’Orient. Cournault se rend trois fois en Algérie, entre 1840 et 1846. Ces séjours prennent la forme de périples artistiques, durant lesquels il se plonge dans la civilisation, les moeurs, l’architecture et les paysages locaux. Cournault se plait « à dessiner, à peindre, et à étudier les arabes, leurs langues et leurs usages ». À son premier retour, il déclare que « tous ceux qui ont vu ce pays en artiste sont comme moi, des exilés du céleste séjour ». Ce goût pour l’Orient ne le quittera jamais, au point qu’une fois implanté à Malzéville, suite à son mariage avec Adelaïde Hamberger en 1852, il fera transformer une maison typiquement lorraine en habitation de style mauresque, donnant à cette résidence le nom de Douëra, ce qui signifie « propriété du Douaire ».

Amateur d’histoire et d’archéologie, Cournault est à la fois membre titulaire de la Société orientale de Paris et correspondant
de la Société historique et archéologique de Langres dès les années 1840. Implanté en Lorraine, il est nommé membre correspondant de l’Académie de Stanislas en 1858, puis membre de la Société lorraine d’archéologie. En 1859, il devient membre correspondant du Comité du Musée lorrain. Deux ans plus tard, il est nommé conservateur du musée ; il occupera cette fonction durant trente ans. Il se consacre alors à la recherche sur l’histoire de la Lorraine et contribue grandement à l’étude, la mise en valeur et l’enrichissement des collections du musée. En 1866, lors de la venue à Nancy de l’impératrice Eugénie pour les célébrations du centenaire de la réunion de la Lorraine à la France, c’est lui qui fait visiter le musée au prince impérial. Après le terrible incendie qui occasionne, en 1871, la perte d’une partie importante des oeuvres rassemblées au palais ducal, Cournault et ses confrères réussissent à reconstituer, et même accroître, le fonds du musée.
Après un bref mandat de président de la Société lorraine d’archéologie, de février à novembre 1888, Cournault quitte ses fonctions de conservateur en 1891, conservant cependant le titre de conservateur honoraire du Musée lorrain. Il meurt à Malzéville, en 1904, à l’âge de 88 ans.

Biographie extraite de la plaquette sur le centenaire de Charles Cournault par la Conservation du Musée Lorrain